Le vieil homme et le papillon — Jean Genat
La vie ne tient qu’à un fil.
L’effacement d’une conscience se fait en silence.
La Terre tourne autour du Soleil, la Lune autour de la Terre, la Terre sur elle-même.
Et tout ce beau monde trouve une place naturelle dans la mécanique du temps.
Il s’est posé sur le bout de son doigt.
Il faut éviter de toucher aux ailes, c’est de la poudre d’espoir.
Infime, fragile.
Un spectre de lumière traverse les ailes du papillon et s’y diffracte en une myriade de couleurs.
Le vieil homme sourit.
Peut-être vient-il de comprendre quelque chose.
Ou peut-être pas.
Qu’importe.
Le papillon s’envole.
L’homme reste là.
Un instant encore.
Lecture de « Le vieil homme et le papillon », un texte de Jean Genat — Le Monde oblique.
Le papillon posé délicatement sur le bout du doigt de l’humain ridé.
Deux fragilités, rencontrées.
Un sillon par année, un autre par événement, l’histoire se lit sur son visage.
Une réflexion.
Une émotion.
Un rendez-vous improbable.
Barrière des espèces, entente d’un instant.
Deux façons d’appréhender le temps.
Un jour égale une vie.
Une vie tout au long des années.
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