Une bougie allumée | La fragile lumière de la vie — Jean Genat
Une bougie allumée, c’est là tout mon soleil.
Le jour est tombé et ne se relèvera pas avant demain.
La flammèche vacille, la cire se liquéfie.
Mon monde est là, n’est rien d’autre.
Enlever les oripeaux, les tenues d’apparat.
Nu.
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Le faible éclairage de dame Bougie me réchauffe l’âme.
Elle est si fragile, elle peut s’éteindre à tout moment.
Petit miracle posé sur le rebord de la fenêtre.
La nuit l’enveloppe sans la faire taire.
Ira-t-elle jusqu’au bout de la nuit ?
Est-ce important ?
De la cire, une mèche, quoi de plus simple ?
Rien n’est vraiment ce qu’il paraît.
La vie.
Oui, je vous le dis : elle vit !
Elle me parle au creux de l’oreille, elle éclaire de toute sa franchise.
Son importance est vitale, à ce moment-là.
La flamme parcourt la mèche, la consume.
Rien n’est éternel.
Tout ce qui est, un jour, à l’heure venue,
ne sera plus qu’une évocation.
Pauvre flammèche, pauvre vie.
Elle laissera une empreinte sur le rebord de la fenêtre, chahutée par le vent, la pluie.
Ne restera qu’un petit rien, vraiment pas grand-chose.
Moi, je me souviendrai d’elle comme d’une souveraine.
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