Foutu marbre !
Un sol, des murs, un plafond de marbre.
Un éclairage froid, de petites lucioles çà et là.
Un endroit intemporel.
C’était le temps d’avant, celui d’à présent, sans doute un bout de notre avenir.
Les gens avaient déserté l’endroit.
Plus personne ne croyait au radieux.
La lassitude comme seule compagne ;
L’absence de couleur, d’une fleur, la disparition de choses infimes.
Nous n’y prêtions aucune attention.
À quoi bon !
Puis la chaleur s’est retirée, ce n’était pas encore le froid.
C’était l’indifférence, une absence de sentiment.
Enfin je crois.
Du marbre partout.
C’était pour la facilité d’entretien, tous ont applaudi.
Les chaussures n’étaient plus crottées, les habits immaculés.
Puis…
Un je-ne-sais-quoi avait pris la place, toute la place.
Plus de hasard, de tourments.
Les parfums oubliés.
À qui la faute ?
Est-ce important ?
Rien qui dépasse, pas la plus petite histoire.
Est-ce cela, la vie ?
Plus de projets de vacances, de sorties au restaurant.
Les derniers cinémas avaient fermé.
Leurs films rangés dans des boîtes obscures, dans un garage, une cave oubliée.
Foutu marbre !
Où sont la terre, l’herbe verte ?
Plus un bruit, plus une engueulade.
La ville aseptisée s’était arrêtée d’espérer.