Je passe le Rubicon
Une balade d’automne, des arbres dénudés.
Enfin un peu de repos, nous dit le grand chêne.
Les feuilles éparses craquent sous mes pas.
Une divagation, un brouillard léger, un hiver en devenir.
Une curiosité.
Un tableau posé, au gré du hasard, une perspective, des maisons alignées.
Des grandes, des petites.
Un artiste avait décidé cette étrangeté.
Le promeneur stoppe son pas, contemple, se projette dans un autre univers.
Interloqué, amusé, fronçant les sourcils, riant.
Folie.
Un moment d’émotion automnale.
Partage.
Une clairière ajourée, la nuit s’empare de l’œuvre.
Où est la réalité ?
Le chemin se poursuit à l’arrière, le promeneur ne songe pas à la contourner.
Il est ailleurs, applaudissant le tour de magie.
Une maison à la lueur blafarde, un réverbère.
Où est-ce ?
L’immense toile me dépeint une autre vérité.
Je m’approche.
Le cadre s’efface, le chemin m’appelle.
Encore un pas, il me semble qu’il sera possible d’abolir toutes frontières.
Deux ou trois dimensions ?
Tout se mélange, capharnaüm.
Une surprise posée là.
Une main tendue de moi vers l’artiste.
Peut-être bien le contraire, à y réfléchir.
Allez, j’entre.
Je passe le Rubicon, et je vous dis :
Salut !