MARCHONS !
Se sentir comme sur un volcan, tout feu, tout flamme.
Sac à dos, une vie agrippée aux épaules.
Fournaise, braise, explosion, émotions.
Tout s’accumule, la vie chère, les « ce sera pire demain ».
Certains disent qu’en ce 17 octobre, on verra ce que l’on verra.
Menace.
En ce matin calme, je ne vois qu’une immense fatigue.
Certains se souviennent des ronds-points habillés de jaune.
Comment leur dire que l’histoire bégaie, mais ne se répète pas ?
En silence, les frigos se vident.
Il faut vendre la moindre bricole.
Certains imaginent faire comme à une époque lointaine : vendre leurs cheveux, leurs dents pour nourrir les enfants.
Une pompe à essence à l’affichage violent.
Des pétroliers contents de leurs marges indécentes.
Un enfant pleure sur le bas-côté de la route, sa mère n’a plus la force de le consoler.
Germinal, Les Misérables.
Pas de Jean Valjean en grand sauveur.
Une barricade, un Gavroche, une balle.
Est-ce cela que nous voulons ?
Avons-nous perdu le sens commun ?
En ce 17 octobre, si, ici ou là, il y avait des instants de folie, de bonheur partagé.
Le brouhaha ne sera qu’un îlot de plaisir.
Marchons, compagnons !
Marchons, au chant de la Marseillaise.
Marchons à nous épuiser, à vomir toute notre fatigue.
MARCHONS !
Pour oublier demain et son cortège de mauvaises nouvelles.
Main dans la main.
MARCHONS.